COMMUNIQUE DE PRESSE N°67/CE/10/24





Dans une lettre adressée à Madame la Ministre des Droits Humains avec ampliation à madame la Première Ministre, au Ministre d'État à la Justice et Garde des sceaux et au Ministre de la Communication et Médias, l'Observation de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) appelle à l'intervention de la Ministre pour que les droits de Patrick Lokala, responsable de la chaîne Youtube Télé News RDC, soient garantis dans la procédure en cours devant le Parquet de grande instance de Kinshasa/Gombe. OLPA milite également pour la comparution du journaliste en homme libre.





Kinshasa, le 10 octobre 2024



N/Réf : 355/CE/JAKM 10/24



Transmis copie pour information :



À son Excellence Madame la Première Ministre



À Son Excellence Monsieur le Ministre d'État à la Justice et Garde des Sceaux



À son Excellence Monsieur le Ministre de la Communication & Médias

Tous à Kinshasa/Gombe







À Son Excellence Madame la Ministre des Droits humains à Kinshasa/Gombe



Excellence,





Objet : demande de mise en liberté du journaliste Patrick Lokala



Au nom du Comité exécutif de l'Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), ONG de défense et de promotion de la liberté de la presse, j'ai l'avantage d'approcher votre Autorité pour exprimer la vive préoccupation de l'organisation sur l'incarcération de Patrick Lokala, responsable d'un média YouTube dénommé Télé News RDC basée à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).



Il a été interpellé, le 7 octobre 2024, par des agents de police judiciaire du Parquet de Grande Instance de Kinshasa/Gombe à son domicile. Il a été brutalisé devant ses proches, menotté puis embarqué manu militari dans un véhicule et conduit au cachot du Parquet où il est placé sous mandat d'arrêt provisoire jusqu'à ce jour.



Il ressort de l'instruction faite par le Chef du Parquet en personne que deux dossiers judiciaires sont ouverts à charge du journaliste Patrick Lokala. Il est poursuivi par le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) pour outrage aux magistrats, faux en écriture et propagation de faux bruits. Le journaliste est accusé d'avoir brandi, lors de ses différentes prestations sur Télé News RDC et sur d'autres médias de Kinshasa, un document reprenant une centaine des noms des présumés faux magistrats nommés par le CSM alors qu'ils n'auraient pas concouru aux épreuves organisées à l'intention des candidats à la magistrature.



Un autre dossier est relatif à la plainte déposée en date du 23 juillet 2024 par Christian Lusakueno, directeur général de radio Top Congo FM pour imputations dommageables contre les auteurs des posts et publications calomnieuses à son égard sur Internet après avoir critiqué l'Inspection générale des Finances (IGF) dans sa mission d'audit à la Générale des carrières et des mines (Gécamines) transformée en contrat de consultance. L'audition du journaliste se poursuit jusqu'à ce jour malgré ses conditions de détention qui laissent à désirer.



Au regard de ce qui précède et sans se prononcer sur le fond de cette affaire, OLPA déplore et condamne par ailleurs le traitement inhumain et dégradant subi par le journaliste lors de son interpellation à son domicile.



OLPA salue à juste titre le communiqué du cabinet de votre collègue de la Justice et garde des Sceaux du 7 octobre 2024 exigeant l'arrestation de ces agents tout étant sceptique sur l'application d'une sanction exemplaire à infliger à ces agents qui ne sont pas à leur premier forfait.



Excellence,



OLPA vous prie en votre qualité de Ministre ayant les droits de l'homme dans ses attributions de ne ménager aucun effort afin que le droit de la défense du journaliste Lokala soit garanti.



Le journaliste ayant une adresse bien connue, il serait souhaitable que ce dernier recouvre sa liberté et que l'instruction de la cause se poursuive normalement.



Dans l'attente d'une suite favorable, je vous prie d'agréer, Excellence, mes sentiments patriotiques.



Ce dont, d'avance, les membres de l'OLPA vous remercient



Pour le Comité exécutif

Chancelle NSINGI, Secrétaire exécutive a. i.